Bulletin Municipal de la Commune de Plassay

41 Les broderies à la main Pratiquée depuis une époque reculée, la broderie a donné naissance au fil du temps à divers métiers spécialisés, poussant cette activité au rang d’Art. Dès l’antiquité, des motifs en fil de laine, de coton, ou de soie vinrent orner les tissus. Au fil du temps, plusieurs types de broderies se développèrent. Le point de croix se pratiqua à la Renaissance. La broderie dite « blanche » s’appliquait à l’aiguille sur des toiles de lin. Le travail des brodeurs ennoblissait aussi les tissus en les couvrant de fil d’or. La broderie d’or trouve sa source en Orient, dans la Chine ancienne, et serait arrivée en Europe avec les marchands de soie. Elle se répand en chemin au Moyen-Orient, avant de gagner l’Afrique du nord, l’Europe de l’Ouest, les Îles britanniques et la Scandinavie. Au Moyen- Age, la broderie d’or connaît une époque florissante en Angleterre. La qualité du travail réalisé par les brodeurs anglais est telle que leurs pièces sont recherchées par les plus puissants d’Europe. La terrible peste noire mettra une fin à cet essor. C’est ensuite dans l’Italie du XVème siècle que la broderie d’or continue son évolution avec la technique de l’“Or Nué”, ou peinture à l’aiguille. Des fils d’or sont posés sur le tissu et fixés par des fils de soie colorés, permettant d’incroyables jeux d’ ombre et de lumière. À partir du XVIIème siècle, les fils d’or deviennent si fins qu’ils peuvent traverser les tissus. De nouvelles techniques de broderie vont s’ajouter aux points de couchures traditionnels et vont orner les vêtements féminins et masculins. Mais au XIXème siècle, la broderie d’or va peu à peu perdre en popularité et être réservée à la Haute-Couture. Grâce à l’utilisation de fils dorés à la place de l’or pur, la broderie d’or va connaître un nouveau souffle au XXème siècle. Devenue moins onéreuse, bien que très chronophage, la broderie d’or va être revisitée par de nombreux artistes. En Charente Maritime : Lorsqu’en 1666, Louis XIV et son ministre Jean - Baptiste Colbert décident de transformer la ville de Rochefort en place stratégique de la marine française, de nombreux ateliers de brodeurs s’y installent pour ornementer les parures des militaires. Fin XIXème siècle, la broderie devient un art. Les hommes ne portèrent plus de broderies officielles au titre civil, qu’à condition d’appartenir à l’administration préfectorale, au corps diplomatique ou l’Institut de France. Rochefort a su conserver la tradition de cette broderie spécifique en relief (jouant avec la lumière), destinée à la broderie religieuse et aux uniformes officiels de cérémonie. Au 19e siècle, de nombreuses Charentaises ont appris à manier la cannetille et le fil d’or pour le compte de la Marine Nationale. De nombreux ateliers existaient alors, ou le plus souvent, la brodeuse brodait à domicile pour le compte d’une acheteuse, qui jouait le rôle d’intermédiaire entre les brodeuses et les marchands. Et même si les réductions des effectifs ont fait chuter le besoin, c’est toujours à Rochefort que les officiers généraux font orner leurs casquettes des insignes propres à leurs grades. En 1940, il y avait encore une section de broderie d’or au sein de la Fédération Française des Dentelles et Broderies ; il n’y a plus désormais que deux foyers de production en France, l’un vers la région roannaise, plus orientée vers l’ameublement et la passementerie, l’autre en Charente-Maritime. (Source : La France au fil de l’aiguille, de Nathalie Bresson et Marie Le Gaoziou).

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