Bulletin Municipal de la Commune de Plassay
3 Que serait la magie de Noël sans chocolat ? Si cette coutume est aujourd’hui ancrée dans nos mœurs, son long parcours et sa fabuleuse histoire nous ramènent à une époque bien lointaine (4000 ans) chez les civilisations Mayas, Aztèques et Toltèques. Pour ces peuples précolombiens de Méso- Amérique, le cacao fait l’objet d’un culte associé à leur dieu Ek Chuah. Les Mayas le consommaient sous forme de breuvage amer (cacau) réalisé à partir de fèves de cacaoyer (cacahualt), grillées et broyées sur des pierres chaudes, écrasées avec piment, poivre, vanille, anis et auxquelles étaient ajoutées de l’eau. Appelé Xocoal t par les Aztèques, il prit le nom de chocolat beaucoup plus tard. Offert aux dieux, le cacao était un bien précieux utilisé dans les cérémonies religieuses. Cette boisson divine était réservée aux seuls dignitaires de l’empire aztèque. Reconnue comme nourrissante, fortifiante et aphrodisiaque, elle était réputée soigner tous les maux. Les fèves de cacao étaient également une monnaie d’échange pour payer les impôts et acheter des esclaves ou faire du troc pour se nourrir. En 1494 les Amérindiens offrent à l’explorateur italien Christophe Colomb des fèves de cacao qui les balance par-dessus bord les prenant pour des excréments de chèvres. Lors de son quatrième voyage en 1502 sur l’île de Guajana, il goûte cette fameuse boiss on (chacauhoa) qui ne lui plaît pas du tout et il faudra attendre 1519 avec le retour de Cortez, conquistador espagnol, qui ramena en Espagne une cargaison de cacao qui lui avait été donnée par l’empereur aztèque Montezuma. Il offrit des fèves au roi Charles V d’Espagne qui fit ajouter du sucre de canne au cacao pour en faire une boisson très appréciée de la noblesse européenne. Seules les élites s’offraient cette délicieuse et onéreuse gourmandise. C’est en 1615 que le chocolat arrive en France lors du mariage d’Anne d’Autriche, fille du roi Philippe III d’Espagne, avec Louis XIII, à Bayonne. Et c’est en 1659 que David Chaillou, chocolatier du roi Louis XIV, ouvre la première boutique à Paris. Toute l’Europe plonge alors dans un formidable engouement pour le chocolat chaud, boisson précieuse à la mode mais principalement savourée par les cours royales et les classes favorisées. Au XVIII ème siècle, le chocolat reste encore un produit de grand luxe, 1 kg de chocolat coutait 60 sous soit 4 jours de travail pour un ouvrier. Et c’est au XIX ème siècle en 1828 que le chimiste et industriel hollandais Conrad Van Houten met au point un procédé de fabrication qui permet d’obtenir de la poudre de cacao. C’est ensuite en 1847 que l’anglais Joseph Fry invente la première tablette de chocolat en mélangeant le chocolat en poudre avec du beurre de cacao. En 1923 Franck Mars invente et lance à Chicago la première barre chocolatée et c’est en 1930 que Nestlé invente le chocolat blanc. Au XIX ème siècle des chocolatiers suisses et allemands commencent à fabriquer des chocolats en forme festive pour Noël, tradition populaire en Europe qui s’est vite répandue dans d’autres pays. Les traditions chocolatières se trouvent un peu partout dans le monde. Par exemple, en Italie ce serait la sorcière Befana qui récompense par des pièces de chocolat les enfants sages. En Amérique centrale, les Mexicains servent la dinde de Noël nappée d’une sauce chocolat et dans la tradition orthodoxe, c’est Saint Nicolas qui distribue des chocolats aux enfants. Le chocolat est désormais accessible à une grande majorité de gourmands mais il n’en reste pas moins un mets raffiné que l’on prend plaisir à déguster. Produit phare des festivités de fin d’année, le chocolat est un mets ultra-populaire, les français en consomment en moyenne 6,4 kg par an et habitant. Du pied du sapin à la table, tablettes, bûche pâtissière, caché dans un calendrier de l’Avent, l’incontournable saveur du chocolat réchauffera le cœur et les papilles des petits et des grands. Noir, blanc, au lait, praliné ou fourré, en truffes, papillotes ou orangettes, offrir du chocolat pour les fêtes de fin d’année à ses proches est un témoignage d’affection. Joyeuses fêtes de fin d’année chocolatées Par Josiane Menard
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